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Les « Licornes » françaises veulent que ça bouge

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altLe Digital français ne demande qu’à être soutenu pour percer davantage et s’installer définitivement dans le paysage numérique mondial. Alors que le projet de loi numérique se profile, la Commission des Affaires économiques a justement entendu les fondateurs et/ou présidents d’entreprises françaises de l’économie numérique. Tous ont fait part de leurs inquiétudes sur le manque d’investissements dans le secteur du numérique en France et sur les freins à leur développement. Propos tenus.

Très récemment, sur Europe 1, John Chambers, le patron de Cisco déclarait : « J’ai rencontré beaucoup d’entrepreneurs et j’ai l’impression de voir la Sillicon Valley en France. Il y a la une nouvelle génération de start-up françaises qui vont profondément transformer nos modes de vie ». Nul doute que de tels propos venant d’une personnalité comme celle de John Chambers ont du faire plaisir aux directeurs et fondateurs des « Licornes françaises », ces entreprises non cotées en bourse mais dont la valorisation est supérieur à 1 milliard de dollars. Pourtant invités à s’exprimer devant la Commission des Affaires économiques, Éric Carreel, fondateur et président de Withings, Céline Lazorthes, fondatrice et présidente de Leetchi, Frédéric Mazzella, fondateur et président de Blablacar, Ludovic Le Moan, fondateur et président de Sigfox, et Simon Baldeyrou, directeur général de Deezer France ont chacun à sa manière a fait montre d’un enthousiasme plus mesuré, regrettant un manque d’ambition française criant dans le domaine du digital et une vision à trop courte terme. « Avec le terreau français, nous avons tout pour faire de grandes choses. Cela étant, nous sommes en retard et nous devons accélérer le mouvement si nous voulons, dans les dix prochaines années, compter sur l’échiquier numérique » a lancé en propos introductifs Frédéric Mazzella, fondateur et président de Blablacar. « Il y a globalement en France, un manque de conscience de ce que va engendrer la transformation numérique » enchérit Eric Careel, le président de Withings (objets connectés) qui décrit alors en quelques mots en quoi la transformation numérique va bouleverser tous les métiers. Et de conclure : « si nous ne bougeons pas, nous serons encore plus en difficulté demain ».

 

Sans financement, pas d’entreprise, pas de croissance

Nerf de la guerre et du développement, les « Licornes » ont insisté sur l’impérieuse nécessité de travailler sur l’accès au financement qui est selon Cécile Lazorthes, présidente et fondatrice de Leetchi (un service qui permet de collecter de l’argent pour un anniversaire, une liste de mariage, un pot de départ en entreprises, etc.), « une vraie problématique ». « Sans financement, pas d’entreprises, pas de croissance » ajoute-t-elle encore. Pour autant, ils reconnaissent tous, ou presque, avoir pu bénéficier des subventions et des aides apportées soit par la BPI, soit en bénéficiant du statut de Jeune entreprise innovante (JEI) ou du Crédit impôt recherche (CIR). « Mais tout cela c’est de l’argent public » note Laure de La Raudière. Justement, cette notion de les subventions ne satisfait pas complètement Ludovic Le Moan de Sigfox (opérateur télécom de l’Internet des objets) ; subventions qu’il qualifie d’ailleurs de « miroirs aux alouettes ». « On peut avoir des subventions pour développer des projets qui, parfois n’aboutiront à rien parce qu’ils ne répondent pas à un besoin. Des millions d’euros de subventions sont ainsi gaspillés pour développer des projets qui ne verront jamais le jour » Le patron de Sigfox plaide alors plutôt pour que l’on pousse les grands comptes, les PME et les ETI à travailler avec des startups et en utilisant « ces millions d’euros de subventions comme une garantie ou une aide pour compenser une perte éventuelle ». « Est-il normal que notre pays place principalement son épargner dans des assurance-vie qui servent à financer la dette de l’Etat ? C’est absolument scandaleux ! C’est à vous d’essayer de modifier cela par la loi en incitant nos concitoyens à mettre de l’argent dans ce qui bouge dans notre pays » avertit Eric Carrel.

Pour une simplification du code du travail

A plusieurs reprises, Les Licornes ont aussi fait appel au bon sens des parlementaires pour que l’on aille vers une simplification du code du travail, de la TVA et de la gestion des données, « cela nous simplifiera grandement la tâche et aidera les sociétés numériques à se développer plus rapidement » assure Frédéric Mazzella. Le code du travail : « Si vous pouviez donner un énorme coup de balai dans ce « truc » ce serait génial » lance en souriant mais très sérieusement Eric Careel. Et la question se pose notamment en terme d’embauches qui dans le cas de Deezer par exemple, ont lieu de plus en plus à Londres  « compte tenu de la flexibilité du droit du travail ». « Quand il faut aller extrêmement vite, il est plus facile de recruter quelqu’un qui a un préavis court » fait ainsi remarquer Simon Baldeyrou, directeur général de Deezer France (service d’abonnement à de la musique). Cécile Lazorthes, met en garde pour sa part contre cette jungle administrative qui complique la ta tâche des startups avec des changements de règles et de fonctionnement « qui sont terribles pour nous ». « Si au lieu d’apporter sans cesse des modifications, vous pouviez ne plus rien faire, ce serait mieux pour nous » s’agace la patronne de Leetchi.

Accompagner le changement

Mais, au-delà de tout ça, ce qui désole le plus nos jeunes créateurs, c’est bien le manque d’ambition numérique et de culture du risque en France. « Bon nombre de startups rencontrent le même problème. Quand elles arrivent avec une innovation, on a du mal à leur ouvrir la porte » déplore Frédéric Le Moan. Or, pour Frédéric Mazzella, décidément très en verve, il ne fait aucun doute que « Le changement, c’est bien. Ce qui est nouveau, c’est bien. Lorsqu’on parle de quelque chose de nouveau aux Américains, ils ont des étoiles dans les yeux et ils demandent comment ça marche. Aux États-Unis, rien que le fait d’être nouveau a une valeur. En France, si c’est nouveau, c’est signe de danger, car ça va changer. Eh bien oui, ça va changer ! Il faut juste se mettre en tête que ce qui change, c’est bien, le nouveau, c’est bien, et il faut l’accompagner. Si l’on arrive à cela, on aura fait un grand pas… »

Reste que les Licornes veulent avancer et que sans soutien, elles n’hésiteront pas à aller voir ailleurs. « Aujourd’hui, ne serait-ce qu’à cause de la fiscalité française, l’enjeu peut être de choisir entre Paris et Londres. Il faut avoir en tête que l’on ne raisonne plus, dans nos sociétés, en termes franco français. Notre destin est à l’international et nous nous posons forcément la question de savoir si, dans le futur, nous aurons envie de nous implanter à Paris ou ailleurs » avertit sans prendre de gants Simon Baldeyrou. Même ligne de conduite de la part de Ludovic Le Moan.qui tout en affirmant se battre pour que Sigfox reste en France, prend bien soin d’avertir que lui comme d’autres « ne mettrons pas pour autant [leur] entreprise en péril pour rester en France ». Un parlementaire avertit en vaut deux. Surtout à la veille de débats sur un (des) projet(s) de loi numérique.

« Avec le terreau français, nous avons tout pour faire de grandes choses. Cela étant, nous sommes en retard et nous devons accélérer le mouvement si nous voulons, dans les dix prochaines années, compter sur l’échiquier numérique » Frédéric Mazzella, fondateur et président de Blablacar

Mise à jour le Jeudi, 10 Décembre 2015 13:26  

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