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Home Actualités du secteur Février 2010 Entretien avec Thomas Peaucelle, Directeur de la stratégie –INEO SA

Entretien avec Thomas Peaucelle, Directeur de la stratégie –INEO SA

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« Nous sommes prêts à nous lancer, nous attendons les prises de position de la puissance publique ».

Quel rôle joue Ineo dans l’univers de l’économie numérique ?

Ineo est une filiale de la branche service à l’énergie de Gdf Suez. Plus exactement notre rôle est de gérer l’intégration de systèmes liés à l’électricité, l’énergie, la communication et l’informatique. Dans ce cadre, nous réalisons un chiffre d’affaires de deux milliards d’euros en intervenant auprès de clients du secondaire ou du tertiaire. 40% de nos revenus proviennent du secteur public. Nous sommes présents sur le déploiement des infrastructures numériques : radio, téléphonie ou encore fibre optique. Nous sommes donc directement concernés par la problématique du très haut-débit.

Quelles réflexions vous inspire votre expérience sur la question du déploiement des réseaux de très haut-débit ?


De mon point de vue, il semble judicieux de concevoir des réseaux dont la mise en place est assurée par des opérateurs distincts de ceux qui sont ensuite chargés de fournir des connexions. Il s’agit en fait d’appréhender le déploiement du très haut-débit de la même façon que celui du réseau d’électricité. ERDF gère le réseau et le met à la disposition des distributeurs.
La formule par laquelle on peut opérer est le PPP : un financement privé et un revenu garanti par la personne publique indépendamment des risques de fréquentation. La société privée qui construit et exploite l’infrastructure la met à disposition, devenant ainsi opérateur d’opérateurs. Ineo est prêt à s’engager dans ce genre de montage, d’autant que le contact avec le consommateur final ne correspond pas à notre vocation et par conséquent ne rentre pas dans le cadre de notre stratégie.  
Nous sommes prêts à nous lancer mais nous attendons sur ce sujet les prises de position de la puissance publique.

Vous êtes également impliqués dans une réflexion sur les usages. Quelles perspectives voyez-vous se dessiner ?

Il est inutile de parler de déploiement de l’infrastructure sans réfléchir aux usages. Nous avons même tendance à prendre le problème à l’envers. C’est bien l’évolution de la société et le développement des usages qu’elle implique qui rendent nécessaire la réalisation du réseau très haut-débit. Les pouvoirs publics en ont d’ailleurs bien conscience et c’est pourquoi ils ont équitablement réparti entre usages et infrastructures les quatre milliards du Grand emprunt consacrés au numérique. De son côté, Ineo perçoit bien ces enjeux. En tant qu’intégrateur de systèmes (électriques, climatiques, informatiques) nous participons à la construction d’hôpitaux ou de blocs opératoires. Demain il faudra que nous fournissions de nouveaux équipements, de plus en plus complexes, répondant aux besoins des médecins. Car le très haut-débit peut révolutionner l’accès aux soins. Des données actuellement disponibles uniquement à l’hôpital seront à l’avenir accessible depuis un ordinateur personnel. Des diagnostics à domicile pour des personnes convalescentes ou âgées seront techniquement réalisables, de même que les opérations assistées à distance. Les personnels de médecine isolés pourront bénéficier du soutien d’une équipe grâce à une connexion télévisée de grande qualité…

Le numérique va aussi jouer un rôle important en matière d’efficacité énergétique…


Il sera effectivement un outil stratégique dans ce domaine et en premier lieu pour le pilotage des réseaux électriques, de plus en plus complexes. A l’éclairage se sont ajoutés la climatisation, la vidéosurveillance, la sécurité, les dispositifs anti-incendie...Les applications numériques deviennent les systèmes nerveux de ces réseaux électriques. Dans le pilotage de la consommation, ils pourront jouer un rôle prépondérant. D’autant que la consommation énergétique des bâtiments est colossale. Ils ouvrent des possibilités de modulation de la consommation des appareils (lumière, chauffage), en fonction de la présence dans une pièce ou de l’utilisation des locaux.

Mise à jour le Jeudi, 11 Février 2010 14:59  

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