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Home Actualités du secteur Novembre Numérisation des contenus: "Soyons créatifs sur la manière de coopérer"

Numérisation des contenus: "Soyons créatifs sur la manière de coopérer"

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Par Philippe Colombet, Directeur du projet Livres chez Google France.

On dit que Google numérise des ouvrages par millions …Qu’en est-il plus précisément, sur quels chantiers travaillez-vous ?
Concernant la numérisation des livres, il y a deux chantiers sur lesquels nous travaillons : le partenariat avec les bibliothèques d'un côté et le partenariat avec les éditeurs de l'autre. Sur le premier, nous avons à ce jour conclu des partenariats avec 30 bibliothèques, dont 7 en Europe (Oxford, Gand, Lausanne et bien sûr en France, la Bibliothèque de Lyon).

Depuis 2004, l'ambition est de rendre accessibles les livres du domaine public au plus grand nombre, parce qu'en effet, les partenariats avec les bibliothèques ne concernent que les livres du domaine public, c'est à dire libres de droits. Les partenariats avec les éditeurs concernent, eux, des livres sous droits que les auteurs ainsi que leurs éditeurs souhaitent rendre visibles sur le moteur de recherche. Aujourd'hui, nous travaillons avec 30 000 éditeurs partenaires pour qui Google est un formidable outil de visibilité de leur catalogue. Au total, la numérisation concerne 10 millions de livres, dont 2 millions provenant d'éditeurs et 8 millions de bibliothèques.

Quels sont vos modèles ? (business et culturel)

Ce qui est primordial pour nous en tant que moteur de recherche est de pouvoir en permanence enrichir notre index et ainsi rester le plus performant auprès de l'internaute qui fait une requête sur Internet. Nourrir notre index par la numérisation des livres a une valeur en soi. Sur le projet de numérisation des livres, nous n'avons pas d'objectif de rentabilité mais le modèle global de notre moteur de recherche est fondé sur la publicité contextuelle. Souvent la meilleure réponse a une question d'internaute est dans un livre pas sur un site web ou dans wikipedia. C'est pourquoi les livres sont si importants philosophiquement pour nous. Dans l'idée de donner un accès plus large au livre tout en proposant de nouveaux modèles de revenus aux auteurs et aux éditeurs, nous lancerons une plateforme de livres numériques en 2010 qui correspond tout à fait à ce qu'en France on appelle une "offre légale" sur Internet.

En France, ce procédé soulève des inquiétudes, notamment dans le monde de l’édition. Que répondez-vous ?
Nous comprenons les inquiétudes de certains éditeurs, mais ces inquiétudes, à nos yeux, sont plus liées à la nécessité de s'adapter à un nouveau monde, celui du numérique qui se caractérise par l'abondance des biens culturels là, où dans le monde physique, la rareté prévalait. Aujourd'hui, en France, nous avons plus de 100 partenaires dans l'édition, comme Masson, Michelin, les Presses de la Sorbonne qui apprécient d'améliorer la visibilité de leurs œuvres sur Internet dans le respect du droit d'auteurs. Nous travaillons aussi avec les libraires de toute taille, parce qu'en effet, une fois qu'on a découvert un livre sur Internet, on doit pouvoir l'acheter près de chez soi.

Un possible partenariat est évoqué entre Google et les institutions publiques pour la numérisation des fonds des bibliothèques de la BNF.

-          Que pouvez-vous dire à ce sujet de votre expérience lyonnaise ?
L'expérience lyonnaise, c'est la numérisation de 500 000 livres du domaine public à partir du mois de décembre 2009 et ceci pour plusieurs années. La Bibliothèque de Lyon constitue d'ailleurs, grâce à un double des fichiers, sa propre bibliothèque numérique. Ce partenariat est non exclusif et permet à la BML de poursuivre ses projets. Il faut bien comprendre que grâce à cette numérisation, les livres anciens redeviennent visibles par tous et partout dans le monde, ce qui réjouit les chercheurs universitaires mais aussi tous les passionnés d'art et de culture et participe également au rayonnement de la langue française.

-          Quels avantages tireraient les pouvoirs publics d’un tel partenariat ?
C'est simple, nous apportons la technologie et la visibilité mondiale pour ces contenus. Ainsi, nous contribuons à la mission des bibliothèques publiques qu'est l'accès aux livres.

On parle aussi des risques d’un partenariat avec le privé : indépendance nationale…liberté d’accès, droits d’auteurs…Que répondez-vous ?
Concernant les partenariats avec les bibliothèques, la question du droit d'auteur ne se pose pas puisqu'il s'agit uniquement de livres du domaine public. Pour le reste, nous sommes convaincus que la nature d'internet c'est la collaboration, la complémentarité des acteurs. Le dialogue entre le moteur de recherche et des institutions culturelles de premier plan me semble essentiel. Soyons créatifs ensemble sur la manière d''aborder ce dialogue. De nombreuses pistes sont ouvertes...

Mise à jour le Vendredi, 13 Novembre 2009 13:32  

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