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Home Actualités du secteur Novembre Fracture numérique : la solution du satellite

Fracture numérique : la solution du satellite

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Entretien avec Yves Blanc, directeur de la Stratégie et des Relations institutionnelles d’Eutelsat

« Aux maires de faire leurs comptes »

Le satellite est selon vous une bonne alternative à la fibre pour la couverture très haut-débit. Pourquoi ?

Le satellite est surtout un bon « complément » à la fibre. Nous n’avons pas l’intention de la concurrencer !
Je tiens d’abord à rappeler trois avantages tellement simples et fondamentaux du satellite que nous avons tendance à oublier qu’ils résolvent une partie du problème de la couverture très haut-débit des zones de faible densité, la fameuse fracture numérique.


D’abord, le satellite, une fois en orbite, dessert tout le monde au même moment, alors que le déploiement des réseaux terrestres est forcément progressif dans le temps. Ensuite, un satellite en orbite fournit un service de même qualité à tous les abonnés, ou qu’ils soient sur le territoire, indépendamment de la distance, de la topographie, ou du nombre de voisins qui pourraient souhaiter ou non s’équiper.
Enfin, dernier avantage de poids, le coût d’accès au satellite est exactement le même pour tout le monde et il est connu à l’avance. Il ne dépend une nouvelle fois d’aucune condition liée à la géographie ou à la densité de population. Il suffit de diviser le coût du satellite par le nombre d’abonnés et d’y ajoutez le coût du terminal individuel. Notre but n’est pas de tout couvrir en satellite mais de confronter cette équation très simple avec toute autre solution de réseau terrestre. De toute évidence, la fibre s’impose en zone dense. Mais elle montre rapidement ses limites en zone peu dense.

 A combien s’élèverait le coût du satellite pour compléter la couverture en fibre optique ?

Concernant la fibre optique, avec les modèles actuels de financement, on sait que 30% des foyers ne seront pas couverts. Or, le coût du satellite serait environ de 1500 euros par foyer. On peut dire qu’il est élevé. Mais il a l’énorme avantage d’être fixe, connu d’avance et de ne dépendre, une nouvelle fois, d’aucun paramètre de distance. Les élus et les responsables peuvent faire leurs comptes. S’il est possible sur cette zone de déployer la fibre pour moins de 1500 euros par abonné, c’est parfait. Mais si elle coûte plus de 1500 euros, alors le satellite est une bonne alternative, surtout s’il doit y avoir soutien financier public.  Elle permet de plafonner le coût pour le gouvernement et d’opter pour une solution dont la mise en œuvre sera opérationnelle à une date connue. 

Si le satellite n’est pas un concurrent pour la fibre, comment se positionne-t-il face à la solution internet mobile 3G qui bénéficiera probablement du dividende numérique ?

Le raisonnement reste globalement valable : la 3G est une technologie terrestre, même si elle est sans fil. Son coût de déploiement augmente lui aussi de manière rapide dès que l’on s’aventure en zone rurale, où les distances croissent rapidement et les densités de population deviennent faibles. Une nouvelle fois, la référence doit être les 1 500 € d’investissement par abonné. Le satellite ne prétend concurrencer aucune technologie terrestre. Juste offrir une solution, à un coût connu d’avance, pour tous ceux qui ne pourront pas être desservis à un coût inférieur par voie terrestre.

Propos recueillis par Armel Forest

Mise à jour le Vendredi, 13 Novembre 2009 12:33  

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