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VOD : « L’offre illégale participe au maintien élevé des prix. »

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Questions à Pascal Lechevallier, fondateur de TF1 vision, directeur de What’s Hot SAS

Vous avez participé à la création TF1 vision, le service de VOD de TF1. Comment se porte le marché, notamment en France ?

Le marché  français de la VOD a connu une phase d’expansion soutenue de 2006 à 2012 lui permettant d’atteindre 252 Millions d’euros de recettes selon les chiffres publiés par GFK. Mais l’année 2013 s’annonce plus compliquée  dans la mesure où le marché de la VOD est en repli à fin mai. Pourtant, dans le même temps le marché de référence, le marché américain, affiche une croissance de 24% au 1er semestre 2013. Il y a donc des facteurs propres au marché français qui empêche la progression de la vidéo à la demande sous toutes ses formes.

 Parmi ces facteurs, on peut en identifier trois principaux :

 - L’énorme succès de la télévision de rattrapage, le Replay, gratuit, est un concurrent légal très sérieux de la VOD, payante.

 - La chronologie à 36 mois sur la SVOD freine sans aucun doute le déploiement des offres d’abonnements que le public américain et anglais plébiscite

 - La diffusion de plus de 100 films par semaine sur les chaînes gratuites (dont celles de la TNT) masque aussi les offres à la demande proposées par les sites de VOD

 - Et bien évidemment l’offre pirate qui n’a jamais été aussi importante et qui est le plus dangereux ennemi de l’offre légale.

Quel est le danger de la légalisation de l’offre pirate ?

L’offre pirate ne peut être légalisée. L’offre pirate est par essence illégale, s’affranchissant par là même du droit de la propriété intellectuelle, des règles fiscales et des règles élémentaires du commerce des programmes audiovisuels. Si l’offre illégale continue de se développer, c’est toute l’économie de l’audiovisuel qui s’en trouvera pénalisée. C’est déjà le cas pour le secteur de la vidéo physique (DVD et Blu Ray) et de la vidéo dématérialisée (VOD et SVOD). Certes, le public est impatient de découvrir les œuvres les plus intéressantes, qu’il est parfois difficile de trouver un film compte tenu de la complexité de la chronologie des médias. Cela signifie que la profession doit s’adapter aux nouveaux usages numériques, mais uniquement dans un cadre légal défini et protecteur des droits de chaque maillon de la chaine de production.

A-t-elle vraiment une responsabilité dans le maintien des prix ?

C’est vrai qu’il est étonnant de voir les prix de la vidéo rester stables alors que son principal concurrent, du fait de sa gratuité, gagne des parts de marché régulièrement et illégalement. Mais l’économie de l’audiovisuel est articulée sur plusieurs phases économiques (production, distribution, vente des droits) qui fait que la compétition qui existe entre les distributeurs a tendance à faire augmenter la valeur des droits ce qui pousse à pratiquer des prix de vente élevés. Le volet financier de l’offre légale fait aussi partie de la réflexion que les professionnels doivent avoir : 19,99 € pour un DVD est considéré comme cher par le public, tout comme 4,99 € pour la location d’un film en VOD SD. La révolution numérique impose de construire les modèles économiques de manière différente.

Faut-il baisser le prix de l’offre légale ?

J’ai toujours déclaré que pour baisser le prix de l’offre légale, il fallait que cela puisse se faire dans un contexte positif pour ceux qui exploitent les plateformes. Plus de clients légaux, plus de recettes, donc un meilleur amortissement des coûts fixes et des droits, donc possibilité de faire baisser les prix pour prendre en compte les attentes du public. Hélas, cette équation est polluée par l’offre illégale qui ne permet pas de trouver la masse critique de clients pour équilibrer durablement les comptes d’exploitation des sites de VOD et de SVOD.

Pour y parvenir, il faudrait que les détenteurs de droits acceptent de revoir, eux aussi, leur modèle économique, et d’accepter de vendre moins cher leurs droits.

Mais à 1,99 € un épisode de série et à 5,99 € un film en HD, la marge de manœuvre reste faible.

Le rapport Lescure a proposé de raccourcir la chronologie des médias. Est-ce la solution ?

Le rapport Lescure a fait de nombreuses propositions pour offrir aux sites de VOD légaux une plus grande attractivité. Le raccourcissement de la chronologie est une piste intéressante, le conventionnement des sites et la maximisation de leur distribution est aussi un point à souligner.

Pour revenir à la chronologie des médias française, il sera difficile de la modifier car elle est interdépendante du mode de financement du cinéma. Et comme ces questions doivent se régler par le biais d’accords interprofessionnels, il y a peu de chances que toutes les parties tombent d’accord pour décider de modifications significatives de la chronologie des médias, à commencer par les exploitants, les chaînes payantes et les chaînes en clair. Je rappelle que les discussions sur la chronologie des médias ont débuté en 2005 et que les avancées ont été somme toute très modestes.

La révolution numérique que nous vivons actuellement va nous obliger à revoir une bonne partie des modèles économiques de l’époque analogique où la circulation des œuvres était vraiment entre les mains des studios et des distributeurs. Aujourd’hui, par le biais du piratage, le consommateur dicte sa loi en allant visionner de manière illégale les films et les séries qu’il a envie de voir sans attendre. C’est à cela qu’il faut réfléchir : donner accès au public plus vite aux œuvres, sur tous les supports, tout en permettant à la filière de continuer à exister dans un cadre économique réinventé.

Mise à jour le Mercredi, 04 Septembre 2013 16:21  

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