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Entreprises innovantes : comment favoriser les champions de demain ?

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Frédéric Mazzella, le patron de Blablacar, et Eddie Misrahi, le président d'Apax France, se sont retrouvés au Club parlementaire du numérique afin de mettre le doigt sur les freins à l’émergence d’entreprises innovantes capables de rivaliser dans la compétition mondiale.

Parlementaires et professionnels étaient donc réunis le 10 mars à l’Assemblée nationale pour écouter à la fois un jeune dirigeant de start-up et un responsable d’un fonds d’investissement finançant principalement des PME et des ETI. Eddie Misrahi a commencé par resituer le contexte en abordant la question du financement par deux chiffres. « Le capital investissement en France, c’est 0,24% du PIB, en Europe c’est 0,28, au Royaume-Uni 0,8, en Israël 1,4 et aux États-Unis 2,5. Proportionnellement, il y a donc dix fois plus de capital investissement aux États-Unis qu’en France. » Et le président d’Apax France d’insister : « en France, 600 millions d’euros sont investis chaque année dans nos start-ups. C’est 20 milliards aux États-Unis. »

Ces difficultés s’expliquent en partie par le manque d’investisseurs institutionnels, tel que les fonds de pension, inexistants en France. Les banques et les assureurs, naguère pourvoyeurs de capitaux, sont respectivement freinés par les directives de Bâle 3 et de Solvabilité 2. « Les investisseurs institutionnels, les fameux zinzins, détenaient 20% des actifs d’actions il y a dix ans. Ce chiffre s’élève aujourd’hui péniblement à 6/7%. »

Selon lui, le compte PEA-PME est un avantage fiscal mal orienté. « Les particuliers n’ont pas les compétences pour prendre des décisions d’investisseurs. C’est un métier à plein temps. Nous avons des équipes entières dédiées à cela. »

Guillaume Prunier, le conseiller chargé de l'innovation,  l'entrepreneuriat et des PME auprès d’Emmanuel Macron, a tout simplement réagi avec la question suivante : « comment feriez-vous si vous étiez ministre de l’Économie ? » Réponse de l’intéressé : « Il y a une dizaine d’années, Bercy avait imposé aux compagnies d’assurance de consacrer 2% de leurs actifs dans le capital investissement. Ce fut un échec total. Pour les investisseurs institutionnels, je préfère instaurer une fiscalité très fortement différenciée selon le risque. Elle peut tout à fait être neutre pour les comptes publics mais l’idée est de moins taxer les investissements à risque. Il faut faire confiance à nos professionnels : le capital investissement en France réalise d’excellentes performances. »

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L’autre élément majeur selon lui est le fléchage de l’épargne : « il y a 1500 milliards d’euros qui dorment dans l’épargne des Français. Pour l’heure, elle s’investit auprès de produits très peu risqués comme les obligations d’État. »

Frédéric Mazzella est lui revenu sur « l’histoire capitalistique » de Blablacar, sa société de covoiturage qui a levé 100 millions de dollars en juin dernier. D’abord 100 000 euros à six avec des proches en 2009 puis 600 000 euros dont les 2/3 auprès d’un premier fond en 2010. 1,5 million avec ISAI et 7,5 avec Accel partners les deux années suivantes. « A chaque nouveau tour de table correspondait une nouvelle stratégie : être leader de l’activité, trouver un business model viable, reproduire le succès à l’étranger puis s’étendre de manière globale. »

 

David Martinon, représentant numérique pour le quai d’Orsay, s’est enquis de la façon dont le patron de Blablacar a choisi ses fonds, puisqu’il avait la possibilité de le faire. «  Ce qui compte, c’est le plateau financier. Ne pas avoir de comptes qui baissent. Sinon les investisseurs attendent que vous ayez moins pour mieux négocier. De manière générale, je préfère choisir un fonds jeune. »

La députée Anne Grommerch, député de la Moselle, a ensuite interrogé les intervenants sur les mesures à disposition du politique, aussi bien à l’échelon national que local, qui puissent favoriser l’émergence de start-ups. Pour Eddie Misrahi, la commande publique joue un rôle important : « le capital le moins cher, ça reste le chiffre d’affaires. Il faut que le secteur public privilégie les start-ups aux grands groupes. »

Frédéric Mazzella a lui évoqué la mise à disposition de bureaux près de centre de transports sans oublier la simplification de tout l’appareil administratif. « Après, si on veut qu’un entrepreneur puisse toujours retomber sur ses pattes, il ne faut pas trop l’assister. Un bon entrepreneur a galéré et sait se débrouiller », a-t-il ajouté.

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Luc Belot, le député du Maine-et-Loire qui présidait la soirée, a ensuite relancé le débat à partir de la loi Macron en évoquant les dispositions sur l’actionnariat salarié. Pour Frédéric Mazzella, l’initiative ne peut être que positive : « la joie de partager la valeur de ce que nous construisons ensemble est un excellent facteur de motivation. » Le son de cloche est légèrement différent chez le président  d’Apax qui estime qu’au sein des entreprises déjà mûres, l’actionnariat salarié devient un complément de rémunération. « Cela ne coûte rien au salarié, il ne prend aucun risque, on les lui donne. Je préfère les mécanismes qui forcent l’individu à prendre des risques. »

Luc Belot a également tenu à rappeler les atouts dont bénéficie la France, tels que les ingénieurs, leur formation,  leur fidélité aux entreprises ou encore le crédit impôt recherche. Problème : nombreux sont ceux qui s’expatrient au cœur de la Silicon Valley ou ailleurs pour ne jamais revenir.

 

« Il faut bien se dire aussi qu’attirer des investisseurs en France est devenu compliqué. Notre image, c’est souvent : la taxe à 75%, les 35h, l’impossibilité de licencier », a déclaré Eddie Misrahi. Frédéric Mazzella, lui, ne dit pas s’il eut été plus simple de créer son entreprise à l’étranger. « Impossible à dire. Je ne suis pas sûr que ce soit plus difficile mais il est certain que nous n’avons pas le même rapport au travail ou à l’investissement que les Anglo-saxons et souvent le vocabulaire est révélateur : en France on parle de capital-risque. On dit venture capital en Angleterre… »

 

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